Transversale: L’autre bataille !
En revenant au format classique du championnat au terme de la saison 2024-2025, la Fédération Béninoise de Football (FBF) vient de sauter le pas. Une situation nécessaire, mais pas suffisante puisqu’elle (la FBF) doit aller loin afin de terminer le changement. C’est une lapalissade que le retour à ce format classique du championnat relève d’un rocher de Sisyphe. Ce n’est pas le Bénin qui a créé le football. Cependant, il a créé un format inédit de championnat dit « professionnel » avec 36 clubs. Après quatre saisons, les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs. Le football béninois a perdu de son charme tant sur le plan technique que compétitif. Pendant cette période du championnat à 36 clubs, aucune équipe n’est encore parvenue à se qualifier pour la phase de groupes d’une compétition africaine. Seul le club d’ESAE Fc détient cette masterpeace depuis son historique qualification en Coupe de la Confédération en 2019. Pour un football béninois qui est passé sur le billard, il vaut mieux brûler ses vaisseaux pour ne pas friser le ridicule. De 36 clubs, la FBF a décroché le cocotier pour couper la poire en deux, en ramenant les clubs de D1 à 18 et également ceux de D2 au même nombre. Toutefois, elle doit aller plus loin afin de parachever la métamorphose. Ainsi, les membres du Comité exécutif qui jouent également leur survie parce qu’en fin de mandat, et les autres dirigeants de clubs doivent accepter ce plan exécutable. Celui de réduire de 18 clubs à 16, les équipes qui doivent évoluer dans l’élite du football béninois. Cela permettrait de pondérer le championnat, de le rendre compétitif et attractif. Le mécanisme pour y arriver est tout simple. Il suffit de poursuivre la réforme en faisant descendre en D2 à la fin du championnat 2025-2026, 4 clubs et de faire monter 2 en D1. Ensuite, il faut maintenir le nombre de clubs à 18 en D2. La D3 sera donc réservée aux joueurs locaux de moins de 20 ans. Dans cette objection de principe, le football béninois pourra tirer parti de son potentiel en termes de ressources humaines de qualité. Le Bénin dispose trop de joueurs de niveau moyen. Ce qui déteint sur les prestations des différentes équipes nationales. Enfin, il va falloir réduire de façon considérable (10 à 5) le nombre d’étrangers par club. C’est à ce seul prix que le Bénin pourra échapper à la déchéance en mettant en lumière son potentiel. Il est alors impérieux que l’Etat qui reste le principal bailleur, indique la voie à suivre afin de sortir des sentiers battus ce football, longtemps passé sous les fourches caudines. Maintenant que tout se met progressivement en place (volonté politique totale et intégrale, formation des Formateurs et des Apprenants, etc), le football béninois pourrait prendre une allure extraordinaire. Peut-être que cette proposition du Chroniqueur pourrait recevoir un accueil boudeur et susciter une certaine lassitude de la part des dirigeants actuels du football. Car, comme l’enseigne un proverbe Fongbé, « Il vaut mieux regarder la lune que, de regarder l’imbécile qui le montre avec son doigt ». C’est là, mon intime conviction.
Ambroise ZINSOU
