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Pour un mandat réussi à la tête de la municipalité de Calavi: Le maire Nathanaël Koty doit éviter les « compromissions »

*Première patate chaude : la désignation du CA de Golo-Djigbé

*Quid de l’ancrage politique  face aux aspirations des populations ?

A chaque organe exécutif correspond son style de gestion. Et pour ce qui concerne la municipalité d’Abomey-Calavi, la quatrième ville à statut particulier après Cotonou, Porto-Novo et Parakou, il est temps de lever la limitation. Pour renchérir le partenariat, le maire Nathanaël Koty doit colmater les brèches afin de recoller les morceaux dans la  cité dortoir  du Bénin en proie à une inconstance politique. Il est donc impérieux de faire preuve d’originalité dans cette pléiade de défis qui se dressent sur le chemin du nouvel édile de la cité de « Fofo Djaka ». Outre la patate chaude, celle relative à la désignation du Chef de l’arrondissement de Golo-Djigbé qui constitue déjà un test grandeur-nature pour le nouveau patron de la commune d’Abomey-Calavi, il lui reste à prouver son  ancrage politique. Car, depuis l’avènement de la décentralisation, aucun maire n’a pu faire deux mandats à la tête de cette mairie.

A peine élu maire et les défis qui se dressent sur son chemin sont déjà énormes. Pour parachever la métamorphose à la tête de la quatrième municipalité à statut particulier au Bénin après Cotonou, Porto-Novo et Parakou, le maire Nathanaël Koty doit éviter les compromissions. Choisi contre toute attente pour conduire les destinées de la cité dortoir du Bénin, Nathanaël Koty, suppléant de l’ex-chef d’arrondissement de Godomey (Igor Alignon, élu sur la liste Union Progressiste Le Renouveau, Up-R) doit preuve d’originalité pour terminer le changement à la tête de la municipalité d’Abomey-Calavi. Le nouvel édile de la cité de « Fofo Djaka » doit désormais sauter le pas afin de colmater les brèches. A la tête d’une municipalité où, le style de gestion reste particulière et varie d’un maire à un autre, il faut en connaître un rayon pour lever la limitation. De feu Liamidi Houénou De Dravo à Nathanaël Koty en passant par Patrice Hounsou-Guèdè,  Georges Bada et Angelo Ahouandjinou,  le mode de gouvernance n’est pas le même.

Dans cette obligation contractuelle, chacun avait essayé de voir midi à sa porte en ce qui concerne les aspirations des populations. Ainsi, dans ce pacte contraignant d’énormes difficultés ont  plombé leurs mandats respectifs. Et celui de l’actuel locataire de la mairie de Calavi est relatif à la désignation querellée du nouveau Chef d’arrondissement de Golo-Djigbé. Dans un arrondissement largement dominé par le parti du Bloc Républicain (Br) qui a levé les deux sièges en jeu et suite à l’accord de gouvernance signé avec le parti de l’Union Progressiste Le Renouveau (Up-R), le poste de CA devrait revenir au parti du « Cheval cabré ». Malheureusement, ce poste reste encore non pourvu pendant que tous les autres CA des huit autres arrondissements de la commune sont désormais connus. Cette situation donne déjà le pouls d’un malaise, puisque celui qui aurait été choisi par le parti pour sortir cet arrondissement de la déchéance,  ne serait pas en odeur de sainteté avec certaines personnes, caciques de l’Up-R de la zone. Une attitude qui freine le développement de la localité et qui porte un coup à la gestion du nouveau maire qui a besoin de toutes les forces vives pour sortir la commune des sentiers battus. Les populations ne sont pas dupes. Elles ont opéré leur choix en toute transparence. Donc, il ne revient pas aux responsables de partis de passer outre mesure. En toute indépendance bien qu’il soit sous la discipline de sa chapelle politique, le maire ne doit être en cheville avec des gens qui se soucient peu du développement de leur localité.

Quid de l’ancrage politique face aux aspirations des populations?

Coïncidence pour coïncidence, l’élection présidentielle du 12 avril 2026 qui a vu la victoire écrasante du candidat Romuald Wadagni (qui totalise 94,27% voix contre 5,95% pour son challenger Paul Hounkpè. Ndlr) s’est passée quelques semaines après les élections générales (communales et législatives) au Bénin. In fine, les populations qui sont encore appelées aux urnes ont exprimé clairement leur vote. A cause des grincements de dents par endroit, les résultats enregistrés dans la commune d’Abomey-Calavi, sont symptomatiques d’un véritable malaise. En dehors de l’arrondissement de Hèvié qui a sauvé la face et cela, on le doit à l’Honorable Nathanaël Sokoékpé, la cité dortoir aurait mordu la poussière. Parce que les populations doutent encore de l’ancrage politique de leurs responsables à divers niveaux. Pour tirer donc parti de cet électorat très exigeant, le maire Nathanaël Koty doit mettre le pied à l’étrier. Il lui revient de répondre aux aspirations de ses populations afin de réussir avec brio son mandat. Il n’a pas intérêt à tirer sa flemme afin de boucler le périple. Cependant, il doit éviter les compromissions qui risquent de plomber son mandat qui a pourtant pris une allure extraordinaire.

Ambroise ZINSOU