Transversale: Capitaliser les acquis !
Sorties de la course des éliminatoires de la Coupe du Monde U17 Féminine : Maroc 2026 par les Flamingos du Nigeria (8-5 sur l’ensemble des deux rencontres), les Amazones du Bénin n’ont pas pu parachever la métamorphose. Après l’historique qualification des Amazones U20 pour le Mondial : Pologne 2026, le Bénin s’apprêtait à vivre un deuxième évènement inédit avec son football féminin. Malheureusement, les Nigérianes ont été plus fortes. La défaite (3-2) concédée au match aller à Remo Stadium d’Ikenne au Nigeria entretenait l’espoir pour le compte du match retour au stade de Kégué de Lomé. Mais cet espoir a tôt fait d’être tourné en dérision. La Sélectionneure Idah AZONSOU et ses poulaines ont bu le calice jusqu’à la lie. Elles se sont lourdement inclinées (5-3). Au-delà de cette élimination, il est important, voire impérieux de capitaliser les acquis. Le football féminin béninois harponne désormais le bon bout pour son rayonnement. Pour corroborer le tout, il faut donc poursuivre le travail avec beaucoup de sérieux, d’abnégation et de dextérité. Dans ce contre-argument de conscience, il faut tirer parti de ce potentiel et faire du Bénin une grande Nation de football féminin. Le jeu en vaut vraiment la chandelle. Dans ce paysage de rêve, les mauvaises pratiques ne doivent plus avoir la peau dure. Le football féminin béninois a semblé déjà vaincre le signe indien puisqu’il fait la promotion de ses propres filles. Aujourd’hui, la langue de travail au sein des sélections nationales féminines n’est plus « l’anglais ». Cependant, cela seul ne suffit pas. Les dirigeants de football ne doivent plus quitter de l’œil les pratiques malsaines qui se développent autour des sélections nationales. Outre les fragrances sexuelles nauséeuses, un vaste réseau de concussion et de corruption gangrène l’écosystème du sport-roi féminin béninois. Des filiales de ristournes ou de rétro commissions occultes des primes des joueuses sont créées. Une filière qui prend d’envergure et qui met de doutes sur la sélection de certaines joueuses. Cet héritage construit sur plusieurs années pour redorer le blason de ce football féminin, ne doit pas s’écrouler d’un jour à l’autre tel, un château de cartes. La mesure est donc comble. Et cet avantage du football féminin béninois ne doit plus être tourné en eau de boudin. Il revient donc aux autorités sportives de prendre des mesures hardies pour mettre définitivement fin, aux agissements de certains acteurs véreux. Le mal est profond et risque d’annihiler les efforts consentis. Maintenant que la discipline se structure depuis la base, il n’est plus question de laisser certains glouglouteurs qui ne cessent de voir midi à leur porte, saboter les acquis. Les équipes nationales féminines doivent être pondérées (U15, U17 et U20). Ce qui va faciliter le suivi en ce qui concerne la marge de progression des joueuses en équipe fanion. C’est pourquoi la construction d’un Centre d’Excellence dédié uniquement au football féminin à Lokossa vient à point nommé. Il faut donc des gens intègres, remplis d’équité pour apporter les innovations. Comme l’enseigne un proverbe Fongbé : « En partance pour le champ, un paysan ramasse une flûte. Il la perdra de la manière ». Préservons donc les acquis de ce football féminin. C’est là, mon intime conviction.
Ambroise ZINSOU
