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Transversale: La « bêtise » du visa !

Éconduites, telles de malpropres pour refus de visas, les Amazones du Bénin, Championnes d’Afrique en titre, seules représentes féminines du continent et qualifiées pour la Coupe du Monde de Beach Handball 2026 (qui se déroule du 23 au 27 juin 2026 à Zagreb en Croatie) sont laissées sur le quai. La brillante qualification acquise avec enthousiasme à Lomé vire au cauchemar. Malgré l’artillerie lourde déployée par la Fédération Béninoise de Handball (FBHB) pour une préparation dans des conditions optimales de l’équipe d’une part, et celle du Gouvernement béninois pour les formalités administratives d’autre part, les autorités croates sont restées de marbre. Elles n’ont pas daigné lever leurs limitations afin de relancer le partenariat. Un coup de massue qui vient s’ajouter à la longue liste des désagréments des athlètes et autres acteurs sportifs. La mesure est comble. Les instances faîtières internationales sportives doivent arrêter la saignée. Pour décrocher l’organisation de ces compétitions internationales, les pays candidats jettent la poudre aux yeux en faisant recours aux opérations de séduction. Une fois l’affaire dans le sac, ils instituent le mécanisme pour filtrer l’entrée sur leur territoire. C’est de la pure hérésie lorsqu’un pays organisateur impose des restrictions à d’autres pays qualifiés pour une compétition chez lui. Certains sont même allés au diable Vauvert en interdisant à des pays qualifiés de séjourner sur leur territoire. Des décisions qui mettent à mal le fair-play, la cohésion, la paix et le brassage. Le sport est après tout un vecteur d’union entre les peuples et les Nations. Et une compétition internationale de surcroît, est une occasion de «fête » pour tous les participants (athlètes, accompagnateurs, supporters et autres officiels). Or, le sport et la Nation sont bien liés. Donc, c’est trop réducteurs de créer des ennuis inutiles aux pays qui doivent pendre part à des compétitions dans d’autres pays. C’est à la limite déshumanisant de refuser des visas aux sportifs. Cependant, les responsables à divers niveaux des instances faîtières mondiales du sport ne doivent plus se contenter uniquement des audiences dans les salons luxueux des Chefs d’Etat. Ils doivent peser de tout leur poids pour que les pays qui décident d’organiser des compétitions sportives internationales prennent des mesures dérogatoires pour faciliter aux acteurs sportifs l’entrée sur les territoires. Dans cet aveu contraint, il peut être exigé de ces pays qualifiés, des garanties afin d’éviter d’éventuelles fugues. Aussi, le pays organisateur devra-t-il mettre en place un dispositif sécuritaire pour empêcher les déviances. Néanmoins, tout refus de visas n’est souvent pas de la faute du pays hôte. Il y a également des dirigeants qui se font poissonniers la veille de pâques en ne faisant pas les démarches nécessaires pour obtenir les visas à bonne date. Dans ce cas, le pays organisateur s’en lave les mains. Donc, la responsabilité des dirigeants est parfois engagée. Mais dans un cas comme dans l’autre, ces refus de visas aux athlètes et pays qualifiés pour des compétitions internationales n’honorent guère la personne humaine. Comme l’enseigne un proverbe Fongbé : « A force de ne pas prendre en compte le statut de son semblable, on finit par mettre à mal le vivre-ensemble ». Et ces refus de visas aux sportifs constituent une vraie « bêtise » humaine.

Ambroise ZINSOU