Licenciement massif en vue dans un média de service public: Psychose générale à la SRTB (ex-ORTB)
*Double choc pour les travailleurs éprouvés lors du putsch manqué
*Que cache l’audit des compétences ?
*Pourquoi la Direction Générale écarte-t-elle le Syndicat ?
*Patrice Talon en bon Père de la Nation, doit « sauver » la SRTB
*Le soutien du CNPA-Bénin et de l’UPMB aux agents en détresse
Pendant que l’année 2025 égrène ses derniers jours, une atmosphère de traumatisme et psychose générale règnent en ce moment à la Société de Radio et Télévision du Bénin (SRTB) (ex-ORTB). Après le coup d’Etat déjoué du dimanche 7 décembre 2025 qui a orchestré la prise en otage certains agents de la maison pendant plusieurs heures par les mutins, une vague de licenciement massif de salariés plane comme l’épée de Damoclès sur leur tête. En ce moment où, les employés de la boîte croupissent encore sous le choc de ce putsch manqué, une autre fatwa est en téléchargement. Un processus enclenché par la Direction Générale sans associer le Syndicat qui interpelle le Chef de l’Etat, le Président Patrice Talon et qui jette un pavé dans la marre de l’audit des compétences. Au demeurant, les organisations de la presse que sont le Conseil National du Patronat (CNPA-Bénin) et l’Union des Professionnels des Médias (UPMB) affichent leur soutien indéfectible à ces professionnels des médias encore sous le choc du coup d’Etat manqué du 7 décembre dernier.
Une psychose générale s’empare désormais de la Société de Radio et Télévision du Bénin (SRTB) ex-ORTB. Déjà sous le choc du coup d’Etat manqué du 7 décembre 2025 suite à la séquestration pendant plusieurs heures des agents en poste, une centaine de salariés de la maison sont dans un traumatisme indescriptible. Un plan de licenciement massif serait en vue. Une situation qui créé une atmosphère délétère dans cette boîte où, travaillent des pères et mères de famille. Pour un personnel aussi dévoué et rompu à la tâche, un tel acte est vraiment suicidaire.
Double choc pour les travailleurs de la SRTB
Déjà plombés psychologiquement après le traumatisme subi par certains agents zen poste lors du coup d’Etat manqué du 7 décembre 2025, les travailleurs ne savent plus à quel saint se vouer. Ensuite, ils doivent donc faire face à une nouvelle équation, celle qui va consister à mettre au chômage une centaine d’agents. Une situation qui créé un double choc pour ces pères et mères de famille qui s’échinent à donner le meilleur d’eux-mêmes.
Que cache l’audit de compétences ?

Pour toute entreprise qui veut durer dans le temps et dans l’espace, un audit de compétences s’avère indispensable surtout en temps de mutations. Dans cette perspective, un audit de compétences a été confié à un Cabinet de la place. Malheureusement, les résultats de cet audit, n’ont jamais été révélés à la place publique. Pour une maison audio-visuelle vitrine du pays qui fonctionne en sous-effectif, il y a de quoi colmater les brèches pour sa relance. C’est inédit voire, hallucinant de constater que le matériel de travail reste insuffisant afin de satisfaire les demandes. Sept (07) caméras pour satisfaire toutes les demandes de reportages, un même effectif pour faire fonctionner sept (07) au lieu cinq (05) entités avant la mutation. Bref, il fallait donc saluer le dévouement de ces agents qui ne rechignent pas à la tâche et qui réalisent presque des miracles.
Pourquoi la Direction Générale écarte le syndicat ?
Dans ce paysage idyllique, la Direction Générale de la SRTB semble entreprendre de façon solitaire les réformes. En principe, la Direction Générale devrait opter pour une gestion participative avec le personnel. A cet effet, le Syndicat devrait être associé à toutes les décisions et autres démarches. Pour une entreprise performante, toutes les parties prenantes devraient être associées pour une sortie heureuse de la situation. Si déjà en amont, l’audit des compétences a été gardé en secret sans une évaluation avec le personnel concerné, il y a donc de l’eau dans le gaz. Un projet de licenciement intervient toujours en dernier ressort. Ainsi, les droits des agents ne doivent pas être foulés aux pieds. L’option de l’élection de Délégués de personnel alors qu’il n’y a qu’un seul Syndicat à la SRTB confirme cette envie de la Direction Générale de ne pas collaborer avec le SYNTRAP. Ce bras de fer ne ni bénéfique pour la Direction Générale, ni pour la maison. Il vaut mieux respecter les étapes. C’est à partir des résultats de l’audit qu’il va falloir opérer les réajustements possibles en attendant un licenciement qui reste la solution extrême. Il est donc impérieux que la Direction Générale épuise toutes les cartes en attendant un probable licenciement. Et cela ne pourrait être possible sans un dialogue avec le Syndicat qui a aussi des propositions à faire.
Patrice Talon en bon Père de la Nation, doit « sauver » la SRTB
Dans cette atmosphère délétère, il ne reste que l’intervention du Chef de l’Etat pour renchérir le partenariat. D’abord, la SRTB est la vitrine du pays. Donc, une rencontre du Président de la République avec ce personnel en détresse est vivement attendue pour décrisper l’atmosphère. Ensuite, il serait judicieux d’exposer les résultats de l’audit au Père de la Nation afin qu’ensemble, on puisse trouver des solutions palliatives. Enfin, compte tenu du contexte d’anxiété qui hante ce brave personnel, il serait important de créer un creuset de négociation (Présidence-Ministère de tutelle-Direction Générale-Syndicat et Personnes ressources) afin de trouver des solutions idoines à la situation. Le licenciement n’est certainement pas la meilleure solution. Il ne servira à rien de mettre au chômage des pères et mères de famille en cette veille de fin d’année.
Le soutien du CNPA-Bénin et de l’UPMB aux agents en détresse
Suite au coup d’Etat manqué du 7 décembre 2025, les Associations des faîtières de la presse notamment, le Conseil National du Patronat du Bénin (CNP-Bénin) et l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (UPMB). Lors d’une Assemblée Spéciale, elles ont salué le sang-froid et le dévouement dont ont fait preuve, ces professionnels de la SRTB. « Soumis à la tension, à l’incertitude et à l’effroi, ces professionnels ont fait preuve d’un sang-froid et d’un dévouement exemplaires, permettant d’assurer, malgré les circonstances, la continuité du service public de l’information », ont-elles déclaré avant de les inviter à « rester solidaires et profondément attachés aux valeurs communes qui fondent la nation : la paix, la vérité, la responsabilité et la fraternité professionnelle ».
Ambroise ZINSOU
(Lire le Communiqué des faîtières)


