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Alliances et fusions de partis au Bénin: Quel paysage politique pour le Bénin après 2026 ?

*Le système partisan mis à rudes épreuves

*Le parti « Les Démocrates » va-t-il rester du marbre ?

Au fur et à fur que l’on s’approche des élections générales et présidentielles de 2026, le landerneau politique se métamorphose. La recomposition du paysage politique béninois affole les compteurs. Chaque parti ou alliance de partis politiques joue sa survie dans cette realpolitik pour relancer le partenariat. Une situation qui éprouve le système partisan et qui donne une offre excédentaire aux formations politiques ayant des ancrages sur l’ensemble du territoire national. Au regard de ce changement qui se profile à l’horizon, une question taraude les esprits. Est-ce que le parti « Les Démocrates » de l’opposition radicale pourrait-il rester de marbre dans cet écosystème politique ?

 

L’horizon s’éclaircit et les choses se précisent sur la vie des partis politiques béninois. A quelques semaines des élections générales et présidentielles de 2026, le landerneau politique béninois est en pleine mutation. Le paysage politique se reconstitue avec l’avènement du système partisan. Dans cette situation de « sauve qui peut », les partis politiques feront preuve d’originalité afin d’avoir le dessus du panier. Le ton a été donné par le Parti du Renouveau Démocratique (PRD) qui, après s’être passé par les fourches caudines lors des dernières législatives a compris qu’une alliance avec le parti de la mouvance de l’Union Progressiste lui est nécessaire pour sa survie politique. Une fusion qui a abouti à l’Union Progressiste le Renouveau (Up-R). Quelques années plus tard et face à la difficile équation des 20% désormais exigés par le code électoral, plusieurs autres partis dont  Renaissance Nationale (Rn), Moel-Bénin et Fcbe ont compris qu’il ne leur sera pas aisé de sortir facilement de ce labyrinthe. Il faut donc aller en alliance et signer des accords politiques afin de s’en sortir. Ainsi,  Forces Cauris pour un Bénin Emergeant a dû signer un accord politique de gouvernance et de législature avec la mouvance présidentielle. Une situation qui lui a permis d’avoir le parrainage requis pour désigner son duo de candidats (Hounkpè-Hounwanou) pour la présidentielle de 2026. Le parti Renaissance Nationale (Rn) de la présidente Claudine Affiavi Prudencio qui n’avait pas déposé son dossier pour les prochaines communales veut se fondre dans l’Up-R après une aventure avortée avec le Bloc Républicain (Br). Il en est de même pour Moel-Bénin qui est en accord politique avec la mouvance pour ces élections. De facto, cinq partis ou alliance de partis sont dans le starting-block pour les élections générales. Il s’agit de l’Up-R, du Br, de Fcbe, de Moel-Bénin et du parti de l’opposition ‘Les Démocrates » qui ont reçu leur récépissé provisoire pour les communales.

Le parti « Les Démocrates » va-t-il rester de marbre ?

Dans cette kermesse politique où chacun joue sa survie, ça se corse pour le parti de l’opposition radicale « Les Démocrates ». Econduit de la prochaine élection de 2026 du starting-block pour parrainage non requis, la disette se poursuit pour cette chapelle politique dirigée par l’ancien Chef de l’Etat, Boni Yayi.  Après cet échec et suite à la cascade de démissions qui s’en est suivie, le parti traverse désormais une zone de turbulence. Difficile pour l’heure de prédire ce qui pourrait se passer dans un paysage de rêve lorsqu’on sait les démissionnaires n’ont pas de temps à perdre. Le parti « Les Démocrates » se vide donc de son contenu et de gros nuages s’amoncèlent dans son ciel. Pourra-t-il résister à l’ouragan de survie politique dans cette atmosphère où le système partisan ne lui laisse pas assez de marge de manœuvres ? Déjà forclos pour la présidentielle de 2026, le parti « Les Démocrates » devra donc cravacher dur s’il compte exister sur l’échiquier politique béninois lors des prochaines élections générales. Dans ce cas, il pourra bénéficier d’une situation atténuante dans ces instances. Dans le cas contraire, il sera sur le quai. In fine, il risque de disparaître. Ce qui pourrait donner lieu à une nouvelle configuration du paysage politique béninois. Le jeu politique reste donc ouvert et incertain pour 2026.

Ambroise ZINSOU