Transversale: Zéro tir cadré !!
Très enthousiastes, certains Béninois avaient accueilli avec beaucoup de fierté, le résultat (1-0) du match amical du 9 juin 2025 à Fès entre les Lions de l’Atlas du Maroc et les Guépards du Bénin. Un verdict à première vue satisfaisant, mais qui ne doit pas tomber en quenouille, lorsqu’on prend de recul pour analyser les statistiques faméliques de l’équipe nationale du Bénin après ce match. Demi-finalistes de la Coupe du monde Qatar 2022, les Marocains bénéficiaient de la faveur des pronostics avant cette rencontre qui devrait aussi se jouer au parfum de la revanche. Pour avoir éliminé (1-1 ; 4-1 a.t.b) les Lions de l’Atlas en huitièmes de finale de la Can Égypte 2019, les ex-Écureuils (actuels Guépards) avaient aussi rendez-vous avec l’histoire dans l’antre surchauffé des grands soirs du stade de Fès entièrement rénové. Il fallait donc sauter le pas afin de ne pas vider les étriers. En mettant en place un système de 4-4-1-1, le sélectionneur des Guépards du Bénin, Gernot Rohr avait fait le choix de ne pas manquer d’air. Ainsi, le Onze National s’est démené comme un diable dans l’eau bénite face à une équipe marocaine totalement remaniée. En poursuivant son turn-over, le sélectionneur du Maroc, Walid Regragui a quand même senti le vent du boulet. Pieds au plancher, les locaux ont copieusement dominé (possession 61% contre 39% ; 10 tirs contre 4 ; 4 tirs cadrés contre 0 et 591 passes contre 385) les visiteurs. Ainsi, ce qui doit interpeller la conscience de tout le Staff technique, c’est « zéro tir cadré » pour le Bénin. Une statistique déshonorante pour une sélection nationale qui a joué pendant 90 minutes. Cette légende méconnue du public met à rudes épreuves ce principe sacrosaint (Conserver-Progresser-Déséquilibrer-Finir) du football. D’ailleurs, Gernot Rohr a mis en place une équipe qui joue avec trois milieux axiaux (Dodo Dokou, Imourane Hassane et Sessi D’Almeida) et qui font 90% des passes derrière. Les deux excentrés (Jodel Dossou et Junior Olaïtan) n’ont pas gagné de véritables duels pour faire des centres en retrait de qualité à Steve Mounié qui, difficilement ne peut pas arrêter une passe sans perdre le ballon. Bref, ce système bloc-bas qui devrait s’appuyer sur des contre-attaques pour se projeter, déséquilibrer et finir, a été grippé par un rouleau compresseur marocain qui n’a rien laissé au hasard. Au finish, pas un seul tir cadré côté béninois afin d’échapper à la déchéance. L’équipe semble toucher le fond et donne de facto le pouls de ses prochaines prestations à la Can Maroc 2025. Il a donc fallu attendre l’entrée de Rachidou, Aloko, Attidjikou et Fiogbé en fin de rencontre pour que l’équipe retrouve un peu d’oxygène et d’allant. Mais les carottes étaient déjà cuites car, leur générosité dans l’effort n’a pu rien changer au marquoir. Après le nul (2-2) contre le Zimbabwe, la défaite (2-0) devant l’Afrique du Sud dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2026 et la défaite (1-0) en amicale face au Maroc, le Bénin poursuit sur une série pas reluisante avec son football. Décembre n’est pas si loin, mais si proche. Comme l’enseigne un proverbe Fongbé « On dit que l’akassa est de mauvaise qualité et vous répliquez, qu’elle a été préparée chez le Chef ». Et ce serait un naufrage collectif pour tout le Staff technique. C’est là mon intime conviction.
Ambroise ZINSOU

