Transversale: Qui trop embrasse… !
L’intérim a déjà trop duré. La Fédération Béninoise de Football (FBF) doit sauter le pas. Sans vouloir jouer les Cassandre, le Chroniqueur dénonce cette main basse faite sur les équipes nationales U20 et Senior Dames du Bénin. La mesure est désormais comble. Et ces deux équipes distinctes ne sauraient être la chasse d’un seul sélectionneur. Ainsi, on ne peut s’en moquer comme de l’an quarante de cet avantage exorbitant qui risque de déconstruire cet héritage du football féminin béninois. S’il existe un point positif des deux mandats successifs du président Mathurin De CHACUS, c’est bien entendu, celui du football féminin. Même si la construction du Centre d’Excellence de Lokossa dédié au football féminin pour parachever la métamorphose, continue de donner de fil à retordre aux entreprises adjudicataires pour l’achèvement des travaux, le jeu en vaut vraiment la chandelle. Il est donc impérieux de ne pas brûler la chandelle par les deux bouts en confiant deux équipes nationales à un seul sélectionneur. D’ailleurs, la CAF a été on ne peut plus claire sur les qualifications des entraîneurs et autres sélectionneurs pour « driver » les clubs d’élite et les sélections nationales. Il s’agit de la Licence A pour les entraîneurs des sélections féminines et la Licence B pour les adjoints. Dans le cas d’espèce, le sélectionneur dont il est question et qui est titulaire d’une Licence B (datant de moins d’un an), ne remplit pas encore les conditions pour tenir une équipe Senior Dames. Il vaut mieux s’assurer du fait avant de s’inquiéter de la cause. En principe, ce sélectionneur pourrait officier comme adjoint au niveau de l’équipe nationale Senior Dames et aussi au niveau des U20 Dames. Dans ce pacte contraignant, le voilà à la baguette de ces deux sélections. Des bruits courent qu’il sera mis en formation pour la Licence A. Une idée qui paraît géniale, mais qui comporte des germes de frustrations. En réalité, il faut deux ans entre les différentes Licences. De facto, on ne peut prétendre d’une dérogation spéciale (Puisque c’est la première fois que le Bénin veut organiser sa première promotion de Licence A. Ndlr) pour laisser sur le quai certains entraîneurs dont les Licences B ont au moins deux ans, au détriment d’autres. L’argument selon lequel, il faut « aider » les sélectionneurs qui sont à la tête des différentes sélections tombe comme une feuille morte. Pour renchérir le partenariat, il faut promouvoir les valeurs locales qualifiées et disponibles. Il n’est pas question de vouloir favoriser certains comme s’ils détiennent le monopole de vie sur les autres. C’est vrai que des résultats probants ont été enregistrés et le Bénin est sur la dernière ligne droite pour une qualification historique à la Coupe du Monde U20 Dames, Pologne 2026. Et ce sera une fierté nationale si, il arrive à percer ce plafond de verre quand bien même l’adversaire, la Côte d’Ivoire n’est pas un petit morceau. Toutefois, cela n’absout pas qu’un sélectionneur non qualifié (compétences) soit maintenu au poste. C’est le moment pour le Ministère des Sports et la FBF de lancer un appel à candidatures pour pourvoir à ces encadrements techniques défaillants. Ne pas le faire dans un plus bref délai, serait une erreur fatale. Car, comme l’enseigne un proverbe français, « On ne peut pas courir deux lièvres à la fois ». Et qui trop embrasse mal étreint. C’est là, mon intime conviction.
Ambroise ZINSOU
