Après l’élimination des Amazones U20 de la Coupe du Monde, Pologne 2026: Les grands enseignements !
*Poursuivre le travail avec rigueur, impartialité et professionnalisme pour élever le niveau
*Détruire les poches de pudeur et de rétrocommission qui cassent la cohésion du groupe et qui maintiennent certaines joueuses sans niveau au sein de l’équipe
*Les Amazones U17 pénalisées
Sorties de la compétition dès le premier tour au terme des trois matches de poules (2-2 face au Mexique ; 8-0 contre l’Argentine et 4-1 face à la Pologne), les Amazones U20 du Bénin ont fait la dure expérience du haut niveau lors de ce Mondial U20 Féminin de football. Après cette aventure avortée, place maintenant au bilan afin de tirer les grandes leçons de cette première participation du Bénin à une compétition internationale de football chez les Filles.

Logées dans le Groupe A aux côtés de la Pologne (pays hôte), de l’Argentine et du Mexique pour le compte de cette Coupe du monde U20 Féminine 2026, les Amazones du Bénin avaient rendez-vous avec l’histoire. Après une éclatante entrée en compétition face aux Mexicaines avec une belle remontada (2-2), les Amazones avaient fait rêver le peuple béninois. Un rêve qui va tôt faire de tourner en dérision. Face à une équipe d’Argentine revancharde de sa défaite (3-0) face au pays organisateur, les Amazones du Bénin ont broyé du noir. Elles ont bu le calice jusqu’à la lie en s’inclinant lourdement (8-0). Une déroute qui a révélé les limites de l’équipe béninoise. Il fallait donc gagner le pays hôte pour un baroud ’honneur afin de boucler le périple. Une équation qui a été difficile à résoudre. Au finish, elles ont subi un nouveau revers (4-1). L’aventure est donc avortée pour le sélectionneur Abdoulaye Ouzérou et son équipe. Le bilan est donc famélique (1 match nul, 2 défaites, 4è au classement dans la poule A avec un goal différentiel -11) et interpelle les principaux acteurs.
Poursuivre le travail avec rigueur, impartialité et professionnalisme

Au-delà de la participation du Bénin à cette Coupe du monde, on peut retenir que le niveau de l’équipe n’est pas à la hauteur des autres adversaires. D’où l’écart abyssal constaté lors des rencontres. Alors, il est donc important voire impérieux de poursuivre le travail. Il s’avère nécessaire d’instituer le mécanisme pour parachever la métamorphose. Aujourd’hui, le football féminin semble harponner le bon bout pour son développement. A la construction du Centre d’Excellence de Lokossa, il faut mettre l’accent sur la formation de qualité. Ainsi, il revient également au Comité exécutif de la Fédération Béninoise de Football (FBF) de penser à la mise en place d’une Ligue de Football féminin. Ceci aidera à colmater les brèches. Aussi, la Direction Technique Nationale (DTN) doit-il revoir la politique de formation à la base. Il va falloir que les sélectionneurs et autres encadrants fassent preuve d’impartialité et de professionnalisme dans la sélection des joueuses.
Détruire les poches de pudeur et de rétrocommission
Il se développe autour des sélections nationales de football féminin une pratique qui n’encourage guère la concurrence. Cette pratique érigée en règle dans presque tous les clubs consiste à percevoir des rétrocommissions chez des joueuses envoyées en équipe nationale. La parade est toute trouvée. On évoque une éventuelle motivation qui va créer une saine émulation. Qu’à cela ne tienne. Mais dans cet aveu contraint, cette pratique écrase toute concurrence et fait le lit à la médiocrité. Ainsi, des contrats occultes s’établissent entre dirigeants et joueuses. Les sélectionneurs ne tiennent plus forcément compte de la performance et continuent d’appeler les mêmes joueuses en équipe nationale.
Par ailleurs, une autre pratique est en cours dans ces sélections nationales. Il s’agit des relents d’homosexualité qui polluent l’écosystème du football féminin. En effet, dans ce pacte contraignant, certaines joueuses hostiles à la pratique s’abstiennent et sont prises pour cibles. La Fédération Béninoise de Football devra donc définir un code de bonne conduite afin de mettre hors d’état de nuire, ces pratiques qui cassent la dynamique au sein du groupe. Sinon, cette pratique risque de déteindre sur l’ensemble des équipes nationales.
Les Amazones U17 pénalisées
Les seules victimes expiatoires de cette expédition en Pologne, ce sont les Amazones U17. Présentes dans l’effectif pour la préparation du Mondial U20, elles n’étaient pas au pays pour être mises au vert en prélude au tournoi de l’UFOA-B. Par conséquent, le Bénin s’est déclaré forfait à cette compétition qui devrait compter pour la suite. Sur les 14 joueuses qui étaient en France avant Pologne, aucune n’a été d’entre elles n’a été retenue pour ce Mondial U20. On aurait dû les laisser au pays pour prendre part à cette Coupe UFOA-B qui reste un baromètre pour le football féminin béninois. Après leur élimination pour la Coupe du monde de leur catégorie, elles devraient participer à ce tournoi de l’UFOA-B pour fourbir leurs armes et servir de relève chez les U20.
Ambroise ZINSOU

