Transversale: Ne pas jeter le bébé avec l’eau de bain !
La mesure était comble. La déception trop grande. C’est d’ailleurs une réaction normale et humaine. Mais le jeu n’en valait pas la chandelle. Les Béninois en ont pris plein les yeux lors de ce match entre les Amazones et leurs homologues d’Argentine. Romaine GANDONOU et ses équipières ont subi un cinglant revers (8-0). Une humiliation qui intervient trois jours après avoir réalisé une belle remontada de deux buts de retard face aux Mexicaines. L’euphorie avait tôt fait de gagner les rangs. Ce qui est d’ailleurs évident, puisque le Bénin n’a jamais joué à ce niveau chez les Filles. Toutefois, il fallait avoir le triomphe modeste puisque la compétition ne venait que de commencer. Tels de joyeux drilles, l’émotion s’est emparée de la raison et on voyait tout en rose. Il a donc fallu ce coup d’arrêt de l’Argentine afin qu’on redescende sur terre pour se convaincre de la réalité. C’est un doux euphémisme de dire que le Bénin n’est pas une « Grande Nation de Football ». Cependant, cette qualification historique des Amazones U20 à la Coupe du Monde en Pologne a renchéri le partenariat pour parachever la métamorphose en cours. Le football féminin béninois entre désormais dans une dynamique qui déchaîne les passions et affole les compteurs. Dans cette obligation contractuelle, il devrait parfois passer par les fourches caudines pour conditionner des victoires certaines. Et c’est dans ce pacte contraignant qu’on peut le sauver de la déchéance. Une offre concurrentielle qui se monte souvent le bourrichon. Même si ce n’est pas mathématique, suite au précieux nul arraché face aux Mexicaines par une renversante équipe du Bénin, les signaux semblent être au vert pour venir à bout de cette équipe d’Argentine qui avait perdu (3-0) d’entrée face au pays hôte, la Pologne. Cet avantage théorique exorbitant a accusé une baisse en virant au naufrage. La suite, on la connaît. L’équipe était méconnaissable. Joueuses et staff technique mal inspirés. Néanmoins, rien n’est encore perdu. Il est important voire impérieux de vite sortir de cette mauvaise spirale. Il faut capitaliser les acquis et continuer le travail avec sérieux, rigueur et abnégation. Cette participation qui n’est pas encore à sa fin, devra donner de déclic au nouveau Comité exécutif dirigé par le Président Marcellin BOCOVÈ de tirer les grands enseignements pour la suite. Ainsi, d’autres réformes pour de meilleures performances de l’ensemble des équipes nationales de football pourraient être enclenchées. Il vaut mieux exhaler la nostalgie et construire sur de nouvelles bases. Dans cette objection légitime, un avenir durable du sport-roi béninois va progressivement se mettre en place. Le chantier est vaste, le chemin encore long. Et seul le travail assidu et bien fait pourrait sortir le football béninois des sentiers battus. Cette défaite face à l’Argentine qui n’est qu’un impondérable de parcours a révélé le vrai niveau de l’équipe et a montré qu’on n’y est pas encore. Comme l’enseigne un proverbe Fongbé : « Même si le fleuve déborde, il finit toujours pas retrouver son lit d’origine ». Donc, pas question de jeter le bébé avec l’eau de bain. C’est là, mon intime conviction.
Ambroise ZINSOU

