Transversale: Une équipe sans âme !
Puisque le nationalisme s’est enraciné en nous, nous avons, tels de joyeux drilles, saluer cette première victoire du Bénin à une phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Dans cet excès d’euphorie, d’aucuns avaient pensé à voir un visage plus reluisant des Guépards devant les Lions de la Téranga. Or, cette courte victoire (1-0) des Guépards du Bénin face aux Zèbres du Botswana n’était que l’arbre qui cachait la forêt. C’est un doux euphémisme de rappeler que le football béninois se fait porter pâle. Le Bénin courait après cette historique victoire depuis sa première participation à une phase finale de la CAN qui remonte à Tunis 2004. Il fallait donc s’attendre à une prestation meilleure que celle contre la République Démocratique du Congo (RDC) malgré la défaite (0-1). Malheureusement, le sélectionneur Gernot ROHR et ses poulains vont boire le calice jusqu’à la lie. Une équipe sans âme, un coach mal inspiré avec à l’arrivée, une déculottée de trois buts contre rien (0-3). Le livre présenté par le capitaine Steve MOUNIE et ses coéquipiers a été simplement un flop. L’équipe béninoise a montré ses vraies limites. Une défense fébrile ponctuée par des dégagements à l’emporte-pièce, un milieu de terrain à la rue créant un boulevard, une attaque amorphe et inerte. Bref, du gardien de but en attaque en passant par le milieu de terrain, il n’y avait rien à se mettre sous la dent. Chassez le naturel…Dans cet aveu contraint, beaucoup de gens se surprennent de voir une équipe à plusieurs visages. C’est une évidence que deux matches de football ne se ressemblent. Cependant, on devrait noter une constance dans cette offre concurrentielle afin d’échapper à la déchéance. La passion humaine a fait que, très tôt les gens ont oublié le niveau réel de l’équipe du Bénin. L’allure extraordinaire affichée lors de la rencontre face aux Léopards de la RDC reste de facto un cas isolé. Il vaut mieux exhaler la nostalgie et ranimer la passion. Le niveau de jeu des Guépards se dégrade match après match avec des joueurs de niveau très « faible ». En face, le fossé est abyssal. C’est d’ailleurs le bouquet. Pour une équipe qui avait eu 62% de possession de balles contre la RDC et qui a eu 47% face à une équipe sénégalaise réduite à dix, il y a de quoi s’interroger. Le Chroniqueur est partagé entre légèreté et mépris lorsque le sélectionneur Gernot ROHR déclare urbi et orbi qu’il « ne regrette pas entièrement une lourde défaite concédée contre les Lions de la Téranga ». Les mains m’en tombent. Ces réactions du technicien franco-allemand suscitent souvent une certaine lassitude dans l’opinion. On ne peut pas subir une telle humiliation en présentant une copie pâle et continuer par faire le matamore. Car, comme l’enseigne un proverbe Fongbé « Le visage présenté lors de la préparation de la tisane n’est pas le même quand on la boit ». Et cette équipe est vraiment sans âme. C’est là, mon intime conviction.
Ambroise ZINSOU

