Transversale: Une possession puérile !
Les Guépards du Bénin auraient créé la première grosse surprise de cette 35è édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) qui se déroule du côté du Maroc. A la quête de leur première victoire en une phase finale en cinq participations, Gernot ROHR et ses poulains ont manqué de réaliser un coup historique. Face à une équipe des Léopards de la République Démocratique du Congo (RDC) qui avait éliminé le Cameroun et le Nigeria lors du Tournoi qualificatif des barrages pour l’ultime ticket de l’Afrique pour la Coupe du monde 2026, les Guépards du Bénin ont raté le coche. Privée de cinq joueurs titulaires suspendus pour cumul de cartons lors des éliminatoires de cette CAN au Royaume Chérifien, l’équipe des Guépards était promise à une débâcle sur le papier face à l’ogre congolais. Forts de leur carte de visite impressionnante et de leur forme actuelle, les Léopards devraient faire d’une bouchée les Guépards. Et comme le football n’est pas mathématique, les Béninois ont donné de fil à retordre à leurs adversaires dans ce duel de félins. Après un début poussif et suite à la pression des Congolais, les Béninois vont céder sur une passe dans le dos de la défense à la 16è minute de jeu. Théo BONGONDA, du pied gauche trouve l’angle fermé de Saturnin ALLAGBE. Un avantage logique mais qui pourrait tourner en dérision si, les Guépards avaient mis le pied à l’étrier après avoir arraché la possession de balles aux Congolais. Cette rencontre qui a, d’ailleurs permis à l’équipe de mettre en lumière le potentiel de certains joueurs béninois, s’est terminée avec un goût d’inachevé. 62% de possession pour le Bénin contre 38% pour la RDC, suffit pour vaincre l’obstination. Malheureusement, dans cet avantage exorbitant, les Guépards qui ont longtemps joué dans leur moitié de terrain, n’ont pas tiré parti de ce potentiel. Un seul tir cadré pour 62% de possession, reste un véritable gâchis qui doit interpeller les consciences. ‘’Dominer n’est pas gagner’’ dit-on souvent. Pourtant, le sélectionneur Gernot ROHR avait fait appel à dix (10) attaquants dans sa liste. Outre Steve MOUNIE qui était suspendu et qui n’a pas joué, il n’y avait plus cette perle rare pour faire la différence. Il vaut mieux s’en offusquer que de vouloir se confiner dans un minimalisme criant. Le Bénin avait manqué de cocher une case dans cette rencontre face à la RDC. Dans cet aveu contraint, il faut être né coiffé afin de ne pas passer sous les fourches caudines. Cependant, cette possession spectaculaire brandie, tel un trophée de guerre, n’a pas apporté une valeur ajoutée à ce match que le Bénin a perdu comme du fil à couper le beurre. Toutefois, il vaut mieux garder une poire pour sa soif dans cette compétition qui ne fait que commencer. Car, comme l’enseigne un proverbe Fongbé, « Lorsque deux aveugles se tiennent la main ; la suite, on la connaît ». C’est là, mon intime conviction.
Ambroise ZINSOU

