Transversale: Pas le bon moment !!
Pendant que la famille du football béninois s’attendait à une Assemblée Générale Ordinaire (AGO) de la Fédération Béninoise de Football (FBF) pour connaître de la saison 2024-2025, c’est à une Assemblée Générale Extraordinaire (AGE) qu’elle aura droit. Le seul point inscrit à l’ordre du jour « Révocation et élection des membres des Organes juridictionnels ». Une disposition prévue certes à l’article 39 des Statuts de la FBF, mais qui intervient à un moment où, la FBF joue le contre-la-montre. Les raisons qui motivent cette révocation sont entre autres : la démission de membre, la non-disponibilité de certains membres et l’inactivité remarquée d’un organe, etc. Une condition peut-être suffisante mais pas nécessaire lorsqu’on sait que l’article 39 des statuts de la FBF parle de « Révocation d’un ou plusieurs membre(s) d’un organe ». Dans le cas d’espèce, il fallait juste pourvoir aux postes vacants et relancer le partenariat que de vouloir procéder en cinq sec, aux remplacements. Et comme le stipule l’article 39 en son alinéa 4 : « La proposition de révocation est sujette à un vote à bulletin secret et doit obtenir la majorité des ¾ des voix valablement exprimées ». Ainsi, le suspense reste donc entier. Dans ce pacte contraignant, aucune possibilité ne serait offerte à le, ou les membre(s) de se défendre devant le Comité Exécutif et l’Assemblée Générale selon l’article 39.3. On dirait un coup de pied en vache pour bouter dehors certains membres qui refusent de baisser pavillon. Cette méthode interpelle de facto, le style de management implémenté par l’instance faîtière du football béninois pour motiver ces personnes qui ont été sollicitées pour rendre fonctionnels ces Organes juridictionnels. Sinon, les mêmes causes produiront toujours les mêmes effets. Aujourd’hui, ceux qui ont été « sanctionnés » par ces Organes dans bien de cas se font passer pour de joyeux drilles en applaudissant cette révocation. D’autres, bien qu’en étant contre, vont jouer aux «politiquement corrects » pour ne pas subir des représailles. Surtout que le moment ne s’y prête guère. Il faut faire l’âne pour avoir le foin en cette veille des élections. Il faut néanmoins rester dans les bonnes grâces du « Chef » pour ne pas se faire taper dessus. A vouloir trop pousser le « Chef » dans cet avantage exorbitant, on risque de passer à côté de l’essentiel. Il faut donc une objection de principe de la part de certains membres du Comex et des délégués pour ne pas aller droit dans le mur avec cette décision de révocation qui pourrait mettre en péril la cohésion au sein de la famille du football. Le Président Patrice TALON a réussi déjà à maintenir l’harmonie et l’homogénéité au sein du sport-roi béninois qu’il serait dommage pour des gens qui ne cessent de voir midi à leurs portes de vendanger cette belle opportunité. Avant de punir quelqu’un pour une mission non accomplie, il faut s’assurer qu’il a bénéficié de conditions optimales. Une sanction prise sur des sautes d’humeur n’est toujours pas la meilleure. Comme l’enseigne un proverbe Fongbé : « On peut se coucher et changer de positions mais pas pour changer ses habitudes ». Et le moment est inopportun. C’est là, mon intime conviction.
Ambroise ZINSOU

