Absents des listes pour les législatives de janvier 2026 au Bénin: Quel sort pour les frondeurs recalés ?
*Fatwa ou prime ?
*Patrice Talon toujours maître du jeu politique
Bon gré mal gré, certains cadors politiques et caciques du régime de la Rupture sont sortis de la liste des candidats à l’Assemblée nationale pour le compte des prochaines élections législatives de janvier 2026. Absents du starting-block, ces cadors politiques de la mouvance présidentielle dont la plupart n’avaient pas donné patte blanche à la proposition de révision de la constitution de 2024 ont vu leur rêve politique au parlement s’estompé. Au-delà de cette absence, quel sort leur sera réservé ? Une évidence, leur éviction des listes témoigne qu’il y a de l’eau dans le gaz. Ainsi, le président Patrice Talon reste toujours maître du jeu politique.
Le landerneau politique béninois est en ébullition depuis plusieurs semaines et n’a pas fini de livrer tout son suspense. La dernière grosse surprise, c’est l’absence de certains ténors de la mouvance présidentielle des listes de l’Union Progressiste le Renouveau (Up-R) et du Bloc Républicain pour le compte des prochaines législatives de janvier 2026. Le ton a été d’abord dans la 8è Circonscription électorale (C.E) avec l’annonce surprise du retrait des personnalités politiques telles Rachidi Gbadamassi (Ministre-Conseiller, Chargé de la Défense), Samou Séidou Adambi (ancien ministre de l’Energie et des Mines) et de Charles Toko (Député à l’Assemblée Nationale). Ensuite, l’hécatombe avec les absences sur des listes de Justin Agbodjété dans la 20è C.E, Eustache Akpovi dans la 9è C.E, Lazare Maurice Sèhouéto et Lambert Agongbonon dans la 24è C.E, Victor Topanou et Edmonde Fonton dans la 6è C.E, Bio Gounou Sina Idrissou dans la 2è C.E, Issa Salifou Saley dans la 1ère C.E, Malick Seibou Gomina dans la 13è C.E. Bref, la liste n’est pas exhaustive. A première vue, on pourrait évoquer l’hypothèse d’un renouvellement du paysage politique au niveau du parlement pour le compte de cette nouvelle mandature de sept ans qui s’annonce. Mais avec un peu de recul, on constate aisément qu’en dehors de certaines personnalités politiques qui n’avaient pas leur mandat en cours, ceux qui ont été recalés font partie du groupe des frondeurs qui avaient exprimé leur « Non » pour la proposition de la loi portant révision de la constitution en 2024. Une posture qui avait mis à mal la cohésion et la discipline du groupe au sein de la mouvance présidentielle. Donc, leur absence sur les listes n’est du tout pas un fait isolé et anodin. Certainement qu’ils ne bénéficient plus de la confiance du maître du jeu.
Fatwa ou prime ?
En les privant d’un nouveau mandat à l’Assemblée Nationale, ces députés frondeurs recalés ont payé le prix de leur forfaiture. Peut-être qu’ils l’ont fait par conviction politique. Cependant, ce comportement rétrograde qui va contre les principes sacrosaints de l’idée de discipline de groupe qui guide les partis politiques soutenant les actions du Chef de l’Etat Patrice Talon. De facto, le Chef de l’Etat a voulu relancer le partenariat avec d’autres qui lui sont restés fidèles. Donc, les frondeurs sont en train de payer le prix fort de leur manque de loyauté. Peut-être qu’ils vont attendre sous l’orme un éventuel recasement. Ceci passera par leur nouveau comportement de fidélité et de soutien franc. Maintenant que le pouvoir va changer de mains, ils feront avec le prochain locataire de la Marina pour pérenniser les actions. Dans le contraire, ils pourront subir le même sort que certains qui avaient trahi et qui sont mis sous éteignoir. Dans cette course à l’échalote, les frondeurs qui sont déjà dans le viseur du Chef doivent sauter le pas. Leur survie politique en dépend car il n’y aura plus de places pour les strapontins. Pendant ce temps, le président Patrice Talon reste toujours maître du jeu et détient les cartes en mains.
Ambroise ZINSOU

