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Entretien avec Charles Titigouéti, Pdt de la Ligue Atlantique de Football: « …Nous avons des présidents de club visionnaires et passionnés… »

Les différents championnats nationaux de football du Bénin évoluent et tirent vers leur fin. Dans la ligue Atlantique de Football, tout roule. Ou presque… Au détour d’un entretien avec Charles Titigouéti, président en exercice, président de CeFES et Spécialiste en management des organisations et gestion des projets, on comprend que les astres semblent être bien alignés.

Comment se porte le football dans la ligue Atlantique qui est sous votre juridiction ?

La Ligue départementale de football de l’Atlantique se porte très bien. Depuis 2018 où le bureau a été installé, nous travaillons chaque saison à la promotion et au développement du football à la base. A un an de la fin de mandat, les résultats sont parlants. Aujourd’hui, trois équipes sorties de notre ligue jouent en division supérieure et dans l’élite du football au Bénin. Je veux nommer SITATUNGA d’Abomey-Calavi (1ère division), Espoir Sports CeFES d’Abomey-Calavi et ETALON FC de Ouidah en (D3). Chaque  saison, nos équipes font de bonnes performances dans les play-offs au niveau national. Le championnat amateur s’organise bien et connait un accroissement du nombre d’équipes engagées. Cette saison 2024-2025, nous avons retenu vingt (20) clubs pour le championnat… Excepté SO-Ava et Kpomassè, nous avons des équipes engagées dans le championnat amateur D4 dans toutes les villes de l’Atlantique.

 Justement il y a quelques jours, une séance de travail s’est tenue au siège de l’institution à Abomey-Calavi. De quoi avez-vous globalement parlé ?

C’est une réunion très importante qui s’est tenue à une journée de la fin des matchs de poule. Nous avons fait le point de la compétition. L’organisation de la suite du championnat qui aborde les ¼, ½ et finale a été débattue. Au regard des résultats obtenus sur le terrain et conformément au règlement du championnat, les 2 premiers de poule sont qualifiés pour la suite de la compétition. Et là, nous aurons le mercredi 7 mai 2025, comme croisements en quarts de finale : TALENT PUR (Abomey-Calavi) # AS LAGARDE (Abomey-Calavi), TAUREAUX (Abomey-Calavi) # ASSABA (Abomey Calavi), AS VINEL (Pahou) # ALODO (Toffo) et ADN (Akassato) # BES ACADEMIE (Toti Bossito). Les demi-finales sont prévues pour le 11 mai 2025 et la finale, le 14 Mai 2025.

Dans ces conditions, quelles sont les perspectives qui s’offrent pour l’atteinte des objectifs de départ ?

Les perspectives, c’est de bien finir le championnat, et que l’équipe championne puisse valablement défendre le département de l’Atlantique pour sa montée en D3.

Gérer une ligue régionale ne doit pas être de tout repos

Bon, c’est comme toute association. Il faut disposer d’une bonne vision, avoir les moyens de sa politique et des gens biens, autour de soi. Heureusement, le bureau dispose en son sein de bénévoles pour travailler à atteindre les objectifs… Dans l’Atlantique, nous avons des présidents de club visionnaires et passionnés, qui mettent les moyens pour faire participer leurs équipes aux championnats.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confronté

Difficultés ! C’est déjà savoir gérer les hommes, les intérêts de chacun. Car, tous veulent être champions. Les acteurs ne maitrisent pas toujours le fonctionnement et les règles du football, le département ne disposant pas d’assez de terrain au norme (seulement 2 terrains synthétiques à Ouidah et à Toffo avec un accès limité), le terrain de l’UAC très sollicité n’offrant des espaces de temps à la ligue que dans la mesure du possible, les clubs de ligue pro étant priorisés, nous sommes par endroit obligés de faire jouer certains matchs sur des terrains peu praticables (collèges et arrondissement). Et quand tu as plus de 72 matchs en 4 ou 5 mois, il n’y a plus de choix à faire.

Quel regard portez-vous sur la gestion et le développement du football au Bénin ?

Le football au Bénin avance, les choses ne sont plus comme avant. Des stades omnisports avec des terrains synthétiques sont construits sur toute l’étendue du territoire national pour abriter les matchs du championnat Ligue Pro. C’est impressionnant ! Depuis 2018, avec la synergie d’actions retrouvée entre le Gouvernement et le Comité Exécutif présidé par Mathurin de Chacus, la compréhension et la paix au sein de la famille du football, beaucoup de choses sont faites. Aussi, la régularité dans les championnats masculin et féminin (ligue Pro, amateur, U15 et U17), avec un niveau appréciable de salaire payé aux jeunes en Ligue Pro, surtout par les clubs des sociétés d’Etat, l’accompagnement financier très important du Gouvernement aux clubs, la visibilité plus grande sur le football béninois permettant aux jeunes d’avoir des ouvertures de contrats dans les clubs à l’extérieur, sont-ils autant d’actes qu’il faut saluer à leur juste valeur. Mieux, les deux dernières qualifications du Bénin à la CAN n’en sont que les effets induits. A cette allure, notre football va se professionnaliser. La vision du Comex, et l’engagement du Gouvernement à faire du sport un vecteur de développement restent le gage d’une dynamique irréversible. Bientôt la suite des éliminatoires du  Gouvernement à faire du sport un vecteur de développement restent le gage d’une dynamique irréversible. Bientôt la suite des éliminatoires du Mondial 2026.

 Qu’est-ce que les Béninois peuvent encore espérer ?

On peut toujours s’attendre au meilleur. C’est du football et il suffit de bien faire les choses. C’est déjà très bien que le Bénin soit qualifié pour Maroc 2026. Ces éliminatoires de la coupe du monde serviront à bien préparer notre équipe pour la CAN. Après, si le staff technique arrive à trouver des joueurs pour renforcer l’équipe (dans tous les secteurs), nos Guépards peuvent retrouver le chemin du succès. Et la qualification pour la coupe du monde n’est pas impossible. Nous avons bon espoir que la professionnalisation du football soit une réalité tangible au Bénin. Surtout avec un Président de la République ambitieux, et soucieux du réel épanouissement de la jeunesse de notre pays.

Propos recueillis par Pascal HOUNKPATIN